Fantastique, Stephen King, thriller, XXème siècle

Simetierre – Stephen King

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  • Titre: Simetierre
  • Auteur: Stephen King
  • Date de publication: 1982
  • Traduit de l’anglais (américain) par François Lasquin
  • Pages: 477
  • Genre : Fantasy
  • Maison d’édition: Albin Michel 

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Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s’installer avec sa famille à Ludlow, charmante petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Grandall, les emmène visiter le pittoresque vieux « simetierre » forestier où des générations successives d’enfants de la localité ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce « simetierre », tout au fond de la forêt, il en est un second, et c’est un lieu imprégné de magie qui vous enjôle et vous séduit par de mystérieuses et monstrueuses promesses. Bientôt, le drame se noue, et l’on se retrouve happé dans un suspense cauchemardesque, tellement affreux que l’on voudrait s’arracher à cette lecture…

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Il s’agit aujourd’hui d’un article très inédit que nous vous proposons car il est réalisé en co-écriture avec un invité particulier. Simetierre a été lu en lecture commune. Elle a débuté samedi dernier et elle s’est terminée une trentaine d’heures plus tard. Lui sur liseuse, moi avec la version papier. Je tiens à préciser qu’il s’agit d’une chronique très spoilante et que nous n’avons pas vu les adaptations cinématographiques de l’oeuvre.

Personnages préférés

E: Je me suis attachée à tous les personnages mais si je devais retenir trois personnages qui m’ont marquée, en dehors de Louis Creed qui est au premier plan du récit, ce serait Rachel, Jud et Church, le chat. La femme de Louis Creed, Rachel, est assez effacée dans la première moitié du récit. Pourtant, ce qu’elle apporte à l’histoire est assez remarquable. Avec le recul, mes scènes préférées la concernent toutes de près ou de loin. Femme forte, avec un lourd passé, Rachel est loin d’être un personnage secondaire. Bien sûr, j’ai un attachement également pour Jud Grandall, ce vieux monsieur qui aide les Creed à se familiariser avec leur nouvel environnement après leur emménagement à Ludlow. Mystérieux, affuté, attentionné envers sa femme affaiblie, Jud ne peut qu’être attachant. C’est le personnage clé, la mémoire de la ville qui permet à Louis de découvrir et de connaître les histoires mystérieuses de ce simetierre. Il est quand même celui qui met tout ce petit monde dans la panade… Mais ça, c’est au service de l’intrigue… En ce qui concerne le chat, Church, il est marquant pour moi surtout après avoir lu la nouvelle Le Chat noir d’Edgar Allan Poe. Je pense que Stephen King s’en est inspiré.

F: Pour ma part, ma loyauté va à Louis Creed. Ce bon père de famille qui fait tout pour sa famille a colorié chez moi une gigantesque palette d’émotions : de la tendresse, beaucoup de bienveillance, mais aussi beaucoup d’effroi. De « J’aurais pas dit mieux! », à « Ne fais pas ça, mon gars! », un peu comme un ami que j’aimerais aider et raisonner lorsque c’est nécessaire. En tout cas, c’est le personnage pour lequel j’ai vibré du début à la fin du récit et dont je ne jugerai jamais les choix. Je ressens une profonde empathie pour lui, malgré la trajectoire compliquée qu’il suit. Le livre nous place dans la position délicate du « que feriez-vous à sa place ? ». J’ai également un attachement tout particulier pour Ellie et Gage, ces enfants qui me semblent, lorsque j’étais happé par ce récit, parfaitement réels et profondément attachants. Ils sont à la fois la progéniture de Lou, celle de Stephen King, mais aussi celle du lecteur, qui voudra les protéger coûte que coûte contre les ténèbres. Leur destin aura ainsi un impact émotionnel terrible sur le lecteur. Tout comme Eugénie, j’apprécie aussi beaucoup Rachel et son lourd passé qui donne un relief terrifiant dans l’histoire lorsque ce gwand et tewible Oz vient hanter et rythmer le récit. Jud a aussi beaucoup de qualités mais je n’ai guère réussi à percer sa carapace. Je boirai bien une bière avec lui un de ces quatre, puisque c’est la maison qui régale!

Scènes marquantes

E: Il y a de nombreuses scènes marquantes très dures à lire dans ce récit mais je retiendrais peut-être la scène de révélation quand Rachel expose à son mari son enfance avec sa soeur malade, c’est un chapitre qui m’a marquée et c’est assez glaçant. Peut-être aussi retiendrais-je, entre autres, la scène de l’accident sur le campus avec Victor.

F: Ce livre est un trésor, dans lequel ruissellent des petits moments de grâce intime qui se cognent contre des panzers émotionnels dévastateurs. Je pourrai faire une liste détaillée des scènes qui m’ont émues : les conversations magnifiques et philosophiques entre Lou et sa fille Ellie sur la mort (qui peut s’asseoir à la table de Stephen King et dire : « j’ai mieux compris les relations humaines que toi! » ?), la scène du cerf-volant, terriblement marquante pour ce qu’elle présage et précède, la scène tragique qui la suit… j’ai moins aimé en revanche les longues promenades dans la forêt, avec notamment les allers-retours sur le tas de bois mort. J’ai l’impression que chez Stephen King, quand on fait un trajet dans un sens, il ne recourt jamais à l’ellipse pour le faire dans l’autre sens. C’est inhabituel mais pas dérangeant outre mesure.

Style de l’auteur et ambiance

E: Comme d’habitude avec Stephen King, un style d’écriture aux petits oignons, une immersion instantanée dans cette petite ville de Ludlow, l’impression d’y être… Je n’arrive toujours pas à verbaliser quelles stratégies sont employées par l’auteur pour rendre ses récits si… spéciaux. Il faudrait peut-être que je me lance dans Anatomie de l’horreur, l’univers de Stephen King par lui-même.

F: Quant à moi, c’était mon premier Stephen King. Une plume géniale, inégalable, qui a un effet de réel saisissant, même lorsque ce qui apparaît sous nos yeux n’est pas vraiment réel. Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les ruptures de ton entre les scènes joyeuses, pleine de joie pure, de complicité familiale, et les scènes noires comme l’ébène, dures comme la roche, qui taillent le moral dans le vif. Je n’ai pas particulièrement de fascination pour les scènes morbides, bien qu’il maîtrise admirablement ce registre (ce n’est plus à prouver, je crois) ; c’est la beauté infinie des petites scènes de vie qu’il dépeint qui me touche profondément. Attention, le bonhomme sait aussi faire peur comme personne et maîtrise le suspense sans recourir aux ficelles que d’autres emploient trop facilement ; les ficelles, c’est lui qui les tire.

Thèmes principaux

E: J’ai lu un peu partout qu’il s’agissait d’un livre autour du deuil… Évidemment, le deuil est une thématique qui est en filigrane sur la deuxième partie du roman. Je pense que le thème principal de l’ensemble du roman reste la mort plus que le deuil. C’est un livre très dur émotionnellement mais très beau, nourri de centaines de considérations métaphysiques très enrichissantes…

F: Pour ma part, le thème principal autour duquel ce livre tourne est la famille. C’est un noyau qui se fissure, qui se disloque, parfois très profondément (je pense par exemple aux querelles irrémédiables entre Lou et Irwin), mais qui continue d’exister, même lorsque ses fondations sont ébranlées par le deuil. Et même si ce noyau a un goût très périmé à la fin, il demeure…

Dénouement

E: J’ai adoré la fin ! Elle est pour moi parfaite. Disons ce qui est, il s’agit quand même d’une fin ouverte et le lecteur est libre, après avoir lu les 500 pages du roman, de donner le sens qu’il voudra aux dernières lignes… L’auteur donne tout au long du récit des pistes de lecture et il ne nous impose pas un dénouement qui aille dans un sens ou dans l’autre. Qu’est-ce que j’aimerais savoir ce que lui-même entendait en nous délivrant cette fin…

F: Je l’ai moins appréciée que toi, je pense. Pour moi, la fin est une claque brutale qui ferme définitivement – et peut-être trop brutalement – la porte sur cet univers que l’auteur a mis tant de temps et de talent à construire.

Expérience de lecture

E: J’ai beaucoup aimé cette expérience de lecture. Elle a eu l’avantage de nous motiver à lire assez rapidement le livre et nous permettait toutes les 50 ou 100 pages de pouvoir débriefer. À renouveler sans hésitation.

F: Ce livre a été une formidable expérience pour plusieurs raisons : tout d’abord, j’ai adoré ce moment de vie commune très motivant qui m’a réconcilié avec la lecture, délaissée ces derniers temps. De plus, il m’a probablement fait découvrir un auteur que je n’aurais sans doute jamais lu sans toi, entrouvert la porte vers un nouvel univers que je vais continuer à explorer avec dévotion.

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18/20

2 réflexions au sujet de “Simetierre – Stephen King”

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