14-15-16/20, 2017, contemporain, Gaël Faye

Gaël Faye – Petit pays

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  • Titre: Petit Pays
  • Auteur: Gaël Faye
  • Date: 2016
  • Langue: Français
  • Pages: 224
  • Genre : Contemporain
  • Maison d’éditions: Grasset

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En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

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Ce roman est une belle découverte, proposée par ma copine Julie.

Je connais plutôt bien le sujet du roman, l’ayant étudié plusieurs fois sur les bancs de l’université. Ici, l’histoire de cette guerre fratricide au Rwanda et dans les pays voisins comme le Burundi est racontée à travers les yeux d’un enfant. C’est sûrement pour cela que cette histoire a tant ému les lecteurs. Ce contraste des registres est poignant.

Toutefois, l’histoire ne traite la guerre qu’en arrière-plan. Il s’agit plutôt de l’histoire de Gabriel et de sa famille, de sa bande dans son quartier, de son école qui vit la guerre en filigrane, de plus en plus présente et pesante notamment pour sa mère qui vit plus près des conflits.

Le récit fait l’écho d’une triple incompréhension du narrateur: celle d’être métis dans une Afrique noire des années 90, aux moeurs coloniales encore bien vives, celle d’être Français par son père et donc avoir un niveau de vie bien meilleure que celui de ses compatriotes et celle, finalement, d’être Tutsi par sa mère et rejeté sans raison valable par tout son peuple. Ce déracinement multiple explique les désillusions de cet enfant qui tente, tant bien que mal, de surmonter cette épreuve. Je retiens aussi que l’enfance du narrateur a été bonne et pleine de bons souvenirs. Les blessures de la guerre sont tout de même omniprésentes et donnent au livre une fin qui peut être traumatisante.

Ce n’est pas une autobiographie de l’auteur, il s’agit plutôt d’une biographie des lieux et des sens, montrant l’attachement et la nostalgie envers la terre de son enfance, d’où le nom du titre du roman.

Ce livre permet de voir l’histoire autrement, par le prisme du témoignage qu’on sait souvent biaisé. L’ensemble est peut-être un peu court pour en saisir l’épaisseur. Je comprends néanmoins le succès qu’il a reçu.

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15/20

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